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SNESUP-FSU

Fusion des universités : quel impact sur les conditions de travail ? Le cas de l’Université de Bordeaux

lundi 7 avril 2014, par Webmestre

Un récent article de Rue 89 [1] souligne le malaise des personnels de l’Université de Bordeaux 3 mois après son lancement. Dès 2011-2012, une étude sur la santé au travail menée par l’Université Montesquieu-Bordeaux IV révélait un stress au travail élevé de ses personnels, notamment enseignants-chercheurs [2], conformément à ce qui se passe pour l’ensemble de l’ESR [3]. La fusion en une Université de Bordeaux semble ainsi exacerber les tensions au travail :

1- marche forcée dans la constitution de l’université de Bordeaux

Personnels fortement sollicités en plus de leur travail habituel pour participer à la conception de l’Université sans ligne de travail claire, ni temps ni moyens de leur mission.

Des manquements aux règles élémentaires de la démocratie ont été constatées, notamment lors du vote des statuts le 11/10/ 2013 par l’Assemblée constitutive (vote à main levé, sans vérification des procurations ; refait 3 fois et, finalement l’acceptation des statuts votée à une seule voix de différence).

2- Sentiment d’un nivellement par le bas des conditions des personnels

Personnels BIATSS : ceux de Bordeaux IV ont beaucoup perdu en termes de temps de travail sans compensation salariale, d’où un sentiment d’impuissance et de mépris des collègues des CT dont les votes contre à l’unanimité n’ont pas été pris en compte, l’avis du CT n’étant que consultatif.

Doctorants : les avancées négociées à Bordeaux IV sont remises en cause (paiement plus régulier des vacations, rémunération pour les copies corrigées, ...en plus du service) malgré un rétablissement partiel cette année.

3- Création d’un nouvel échelon administratif, intermédiaire entre le niveau central (Université) et les sites (laboratoires de recherche, facultés ou unités de formation).

Les postes ont été pourvus par la mobilité interne, dépouillant certains services des sites où surchauffe et stress au travail sont permanents. Un audit des services est prévu pour diagnostiquer et gérer les urgences mais avec l’austérité et le gel de postes, le pire est à prévoir.

Malgré le travail des commissions de dialogue social, le travail intensif des CT pour préparer la fusion, la création d’un réseau d’écoute des personnels, le Réso (aide aux personnels déboussolés ou en burn-out), la situation est très tendue. Alertée sur cette situation d’urgence sociale, l’Université de Bordeaux a programmé un CT le 7 avril 2014 afin de redonner une existence aux CHSCT de site et de faire face à la situation.


[1Guérin J., 2014, Université de Bordeaux : Le burn-out après le fusion, Rue89-Bordeaux, 2 avril 2014, disponible en ligne : http://rue89bordeaux.com/2014/04/universite-bordeaux-apres-fusion-burn-out/

[246% des enseignants-chercheurs déclarent ainsi être souvent ou en permanence stressé par leur travail. Cf. enquête "Comment vivez-vous votre travail à l’Université ?".

[3Voir l’article du supplément Sciences et Médecines du Monde "le burn-out dans les labos", daté du 17/02/2014.