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SNESUP-FSU

Dégradation des conditions de travail : une urgence pour nos luttes

lundi 7 avril 2014, par Webmestre

Avec la réforme LMD, le Pacte pour la Recherche (2006), la loi LRU (2007) et la loi ESR (2013), les établissements de l’ESR, loin de l’autonomie scientifique et pédagogique, n’ont jamais été aussi étroitement pilotés : contractualisation et multiplication des financements sur appel d’offres. Suite à l’abandon par l’Etat de la gestion des personnels (cf "RCE"), les exécutifs détiennent un réel pouvoir sur les personnels. Le ministère renvoie aux établissements la mise en œuvre de mesures relevant du national (promotions, Accord sur la prévention des risques psycho-sociaux) et refuse de répondre favorablement sur les conditions de travail des agents (volet santé au travail réclamé par le CHSCT ministériel).

Pour mettre en place « l’économie de la connaissance » voulue par le gouvernement, les directions des universités misent sur des méthodes managériales qui conduisent à une dégradation des conditions de travail et à de la souffrance. Les universitaires ne reconnaissent plus leur métier : extensions de leurs missions, disparition organisée des repères, invocation de l’urgence, temporalité imposée (chasse aux contrats), remise en cause incessante du travail fait (maquettes de formations), accentuation des glissements de fonctions... L’autonomie des individus est attaquée, tout particulièrement l’indépendance que reconnaît la Constitution aux enseignants-chercheurs. Une hiérarchie (directions de laboratoires, d’UFR,...) tente de s’imposer. Le côté arbitraire de la modulation des salaires via la politique indemnitaire vise tant à la sujétion des collègues qu’à la récompense de ceux qui font passer les réformes.

Les restructurations incessantes, la redéfinition des périmètres de recherche, génératrices d’aléas touchent fortement les personnels. Certains se voient imposer des reconversions. Le droit d’être rattaché à une équipe reste abstrait. L’allocation de ressources sur projet épuise les EC dans la recherche de financements, même pour de faibles sommes. Le système de compétition des contrats ANR est décourageant, le taux énorme de refus est un non-sens économique et renvoie une image dévalorisée du chercheur.

La dégradation des conditions de travail se vit aussi dans une précarité accrue. Le dernier bilan social indique 69945 non titulaires, dont 31590 enseignants en plus des chargés d’enseignement et personnels d’EPST. Il y a pourtant moins de 10000 éligibles aux dispositifs de CDIsation et de recrutements réservés (loi Sauvadet), dont seulement 254 enseignants. Il faut donc une tout autre loi.

Les collectifs de travail se fractionnent ; des tensions entre personnels s’exacerbent ; des collègues ne souhaitent plus prendre certains types de responsabilités ; les arrêts maladies se multiplient ; stress, situations de souffrance au travail voire harcèlement se développent. Les conséquences de cette politique sont déniées par l’administration qui évite même de communiquer des données aux organisations syndicales (nombre de maladies professionnelles déclarées, ).

Souvent à travers des contacts interindividuels, le SNESUP-FSU est sollicité et intervient sur de nombreux cas de dégradations des conditions de travail.

Face à cela, au-delà de l’exigence de moyens, quelles marges de manœuvre et quelles priorités ? Comment résister aux tentatives d’amener les syndicats à « accompagner le changement » ?, Comment s’organiser collectivement ? Quelle place au recours juridique ? Des enquêtes institutionnelles montrent ce qui ne va pas, mais quid s’il n’y a pas de volonté politique d’y remédier ?. Dans la problématique des conditions de travail, les visites de service par le CHSCT présentent un intérêt certain. Il faut des moyens pour ces instances. Il faut aussi développer la médecine du travail.