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Conditions de travail et situations des personnels enseignants chercheurs à Paris Descartes

mercredi 9 avril 2014, par Webmestre

- Par Hélène Chardin, SNESUP Paris Descartes Centre

La situation décrite ici représente un témoignage syndical, elle reflète donc des situations de collègues enseignants chercheurs nous ayant sollicité. Ceci signifie qu’elle est probablement incomplète et sous-estimée en nombre de cas. Par contre, les cas rencontrés sont toujours graves et les situations souvent dégradées depuis longtemps. La dégradation des conditions de travail peut affecter les activités de recherche, d’enseignement ou parfois les deux. Pour la recherche nous sommes confrontés à des cas d’exclusions de chercheurs de leurs laboratoires. Ces exclusions peuvent être individuelles ou collectives (suppression d’une thématique de recherche). Dans certaines composantes, des décharges de services sont octroyées à certains afin de faciliter leur activité de recherche. Ces décharges sont attribuées dans une opacité totale des critères de choix, favorisant certains aux dépends des autres. Pour l’enseignement, des enseignants chercheurs se trouvent brutalement privés de la responsabilité d’enseignements qu’ils avaient eux mêmes mis en place. Ces enseignements étant confiés à d’autres sans justification. Tous ces cas s’observent dans un contexte bien particulier, associé à une marche au pas de charge vers la communauté d’université, dans un contexte budgétaire contraint et avec le "critère d’excellence" pour seul justificatif.

Devant ce constat, l’action syndicale a été menée au niveau du CHSCT. Pour répondre à la demande, l’université a mis en place une commission de veille sociale en matière de risque psychologique au travail. Cette commission émane du CHSCT, elle a été nommée à titre expérimental pour un an, et propose au Président des recommandations d’ordre général à partir des cas concrets pour lesquels elle a été saisie (règles de fonctionnement des laboratoires, conditions de reprise du travail après un congé maladie ou maternité). Par ailleurs, le SNESUP local et national a rencontré le Président de l’université pour l’alerter sur les cas en cours et demander la mise en place de procédures permettant de prévenir les cas, de les gérer, et d’obtenir réparation si nécessaire. Le principe de la désignation d’un médiateur a été obtenu. Il reste maintenant à savoir si les mesures mises en place ne seront qu’un accompagnement de la politique choisie par l’université ou relèveront d’une volonté réelle de prendre en compte la qualité des conditions de travail comme un paramètre essentiel dans le choix des réorganisations futures de l’université.